Fenêtre, les clés d’un bon choix

Fenêtre-Les clés d’un bon choix

Isoler du froid et du bruit en laissant entrer un maximum de lumière, le cahier des charges des fenêtres est exigeant ? Le petit guide pratique par un journaliste, Théo Khorixas

Etiquette énergie, je me fie à l’efficacité

La France est le premier pays à doter ses portes et fenêtres d’une étiquette énergie, créée par l’Union des fabricants de menuiseries extérieures (UFME) et la Chambre syndicale des fabricants de verre plat (CSFVP). Pour le moment, seuls les fabricants volontaires affichent ces précieuses informations. Un gage de qualité pour eux donc. L’efficacité d’isolation est synthétisée sur une échelle de A vert (excellente performance) à G rouge (isolation médiocre) et présentée en fonction de la zone climatique de l’habitation. Pour ce faire, la France est partagée en trois grandes zones : Z1 de la Bretagne au Massif central, Z2 pour l’Ouest et le Sud Z3 pour la Côte d’Azur et la Corse. Parce qu’on ne choisit pas les mêmes fenêtres à Dunkerque ou à Montpellier !

Isolation, je privilégie la performance

L’étiquette affiche trois autres indicateurs. Le premier est primordial, c’est le coefficient de transmission thermique (Uw), qui exprime la performance d’isolation. Il oscille généralement entre 1,1 et 2,2. Et plus le chiffre est petit, plus la fenêtre est performante, et limite les déperditions de chaleur. Le deuxième indicateur est le facteur solaire (Sw). Il varie entre O et 1. A l’inverse du précédent, plus le chiffre est grand et plus les rayons du soleil chauffent la pièce à travers le vitrage. Attention à bien décrypter ces deux indicateurs : pour être éligible au crédit d’impôt, une fenêtre doit cumuler un indice Uw inférieur ou égal à 1,3 à un indice Sw supérieur ou égal à 0,3 !
Bon à savoir : L’étiquette signale aussi le pourcentage de transmission lumineuse : le TLw. Ce coefficient indique la capacité de la menuiserie à laisser entrer la lumière naturelle dans la maison, le pays de fabrication de la fenêtre ainsi que le niveau de confort l’été. Attention une fenêtre dotée d’un facteur solaire (Sw) élevé pourra trop chauffer et vous contraindre à ventiler, voire à climatiser la pièce.

Bruit, je choisis du double voire du triple vitrage

Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas l’épaisseur du verre qui conditionne l’isolation acoustique, mais l’épaisseur de la lame d’air emprisonné entre les parois vitrées. Elle s’exprime en millimètres. Le standard est 4/6/4, autrement dit, deux verres de 4 millimètres pour 6 millimètres d’air emprisonné. Si votre logement est très exposé aux bruits, vous pouvez choisir plus performant, jusqu’à 10/20/4.
Et si cela n’est toujours pas suffisant, optez pour du triple vitrage ! Dans ce cas, deux de trois parois vitrées sont reliées entre elles par un film en résine qui joue un rôle d’amortisseur. L’air remplacé par un gaz encore plus insonorisant. Efficacité garantie mais prix en conséquence (+40%) ! Pour s’y retrouver, deux classifications d’insonorisation existent. La première mention, AR, est la plus courante. Elle évalue la performance acoustique en six catégories, de la plus légère (AR1) à la plus forte (AR6). Moins répondu, le label Acotherme hiérarchise l’isolation phonique en quatre catégories, de Ac1 à Ac4 (la meilleure).
Bon à savoir : Si vous êtes riveraine d’un des dix aéroports les plus importants de France, l’isolation acoustique de votre logement peut être intégralement remboursée, sans aucune condition de revenus. Les plafonds des travaux autorisés varient selon la localisation de votre logement dans « le plan de gêne ». Adressez-vous à l’exploitant de l’aéroport.

Matériaux, je pense à la pose et à l’entretien

Alu, bois ou PVC, chaque matière à ses qualités et ses défauts. Le PVC caracole en tête des ventres car il permet bien des coloris et des imitations (bois, métal). Ce plastique est très durable et de bon rapport qualité/prix. Compter de 400 € pour une fenêtre courante, contre 500 € pour la même en Alu et 700 € en bois. En revanche, pour les grandes ouvertures (baies, portes fenêtres), la trop grande flexibilité du PVC peut entraîner des problèmes de cintrage. A l’opposé, l’aluminium est bien plus rigide, mais aussi sujet à la condensation, et il laisse passer davantage le bruit. Reste le bois, choix le plus noble : il est souvent issu de forêts certifiées durables, mais exige un entretien régulier par lasure et des réglages fréquents. La pose joue un rôle déterminant dans l’efficacité thermique et phonique de vos nouvelles fenêtres. En rénovation, le poseur fixe son châssis par-dessus les anciennes huisseries. Ca réduit un peu la surface vitrée, mais c’est simple et efficace pour peu que la finition soit soignée (joints en silicone sur tout le pourtour, pose de plinthes). A l’opposé, si les bâtis préexistants sont en trop mauvais état, il faut passer à la dépose totale. Le coût explose de 30%, et le chantier devient plus lourd : maçonnerie, temps de séchage, dégâts.
Bon à savoir : Deux labels de pose existent, Qualibat et Certification pose, délivré par le Bureau Véritas. Ce sont de vrais gages de qualité, mais ils ne sont pas obligatoires.

Assurance, j’exige les attestations du professionnel

N’oubliez jamais d’exiger l’attestation d’assurance décennale du professionnel qui réalise les travaux. Qu’il s’agisse d’un petit artisan ou d’une grosse société, ce document est toujours indispensable. C’est la même chose si vous passez par un maître d’œuvre ou un architecte. Veillez à lui demander son attestation d’assurance « responsabilité civile professionnelle ». S’il refuse de la fournir, passez votre chemin car, en cas de pépin, vos recours seront inexistants ! Et conservez précieusement ces documents, au moins dix ans après l’achèvement des travaux.
Lisez les devis et contrats avec beaucoup d’attention : pour bénéficier du crédit d’impôt pour la transition énergétique (voir encadré), ces documents doivent impérativement préciser que l’entreprise qui remplace vos fenêtres est bien « reconnue garant de l’environnement » (RGE). Ne vous contentez pas de la mention « en cours d’obtention » mais, pour plus de sécurité, exigez une copie de l’attestation officielle. Sans ce précieux label RGE, exigible depuis le 1er Janvier, vous pouvez dire adieu aux 30% d’aide à la rénovation !
Bon à savoir : En cas de doute, la liste à jour de tous les professionnels labellisés RGE est consultable sur le site http://renovation-info-service.gouv.fr.

signature nathalie trapier